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L’interactivité sur Internet avance parfois sur un terrain périlleux. Le site arcinfo.ch des quotidiens neuchâtelois a ainsi pu le constater au début avril, en étant la cible d’une tentative de spamming. Heureusement déjouée par une surveillance attentive.
Par Philippe Chopard

Responsable éditorial du site Internet arcinfo.ch, Antoine Droux bénit encore sa vigilance. Le 5 avril dernier, son observation attentive de l’interactivité entre les quotidiens neuchâtelois et ses lecteurs lui a fait éviter le pire. Invitant le lectorat à s’exprimer sur la pertinence du travail journalistique de „L’Impartial”, notre confrère a assisté en direct à une tentative de falsification des résultats de cette consultation.
„Il s’agissait clairement de spam, qu’on appelle flood sur les forums”, explique-t-il. L’affaire se déroule en plusieurs étapes. Quelques jours auparavant, la rubrique chaux-de-fonnière de „L’Impartial” rend compte d’un dysfonctionnement au sein de la commission d’urbanisme de sa ville, à propos d’une vente de terrain. L’article déclenche la colère de quelques élus, qui, au lieu de traiter le problème, reprochent en public au journal d’avoir soulevé le lièvre. „C’est de la faute de la presse”, enfle la ritournelle que chaque professionnel connaît.
Les responsables de la rédaction reprennent le problème en décidant de poser la question au lecteur. „Fallait-il porter l’affaire sur la place publique ?” Les premiers verdicts sur la toile sont éloquents puisque tout le monde approuve la démarche des journalistes.
Jusqu’au moment où la surveillance du site révèle une cinquantaine d’avis négatifs exprimés en une dizaine de minutes. „Il s’agissait clairement d’une volonté de nuire à la question que nous avions posée”, affirme Droux. „Nous avons ainsi neutralisé le sondage au stade où neuf lecteurs sur dix approuvaient notre démarche.”
Antoine Droux avoue cependant ne pas avoir fait d’investigations approfondies pour identifier les auteurs de cette tentative de falsification. „Nous ne sommes pas la Nasa”, glisse-t-il. „De plus, notre question du jour n’a aucune prétention scientifique. Il ne s’agit pas d’un sondage. Nous le répétons d’ailleurs aux internautes et aux lecteurs. Toutefois, cet épisode nous a rendus plus attentifs aux risques que nous encourons dans le dialogue avec le public.”
La „question du jour”est choisie par la rédaction en chef des quotidiens neuchâtelois, sur proposition du responsable éditorial du site Internet arcinfo. „Nous nous efforçons de privilégier les sujets régionaux”, explique Droux. „Nous excluons aussi toute provocation gratuite, et voulons que la population réagisse à des problèmes de fond. Lui demander si elle préfère le short au maillot de bain à la piscine ne m’intéresse pas. Nous faisons de l’info, en complément utile au support papier.”
Cette politique a conduit arcinfo.ch à fermer ses forums, vrai espace de défouloir sans grand intérêt pour Antoine Droux. La question du jour demeure, tout en refusant les messages à caractère injurieux. Les lecteurs avancent démasqués sur la toile, et doivent pouvoir assumer leurs propos. Parole d’arcinfo!
Pour Antoine Droux, cette rigueur professionnelle permet de relativiser les tentatives de décrédibiliser le site Internet des quotidiens neuchâtelois et de la télévision régionale Canal Alpha. Avec une cerise sur le gâteau: pouvoir lancer le débat dans la population est un plaisir. Le site a pu le mesurer dans le Val-de-Travers, confronté à une querelle portant sur le nom de ses habitants. Entre Vallonniers et Valtraversins, la bataille de polochons fait toujours rage, ayant débouché sur le lancement d’un référendum…

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