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UNESCO. Sans le vouloir, Doha a rallumé la crise des caricatures de Mahomet. Les 2 et 3 mai dernier, le Centre des médias de Doha – dirigé par l’ex-patron de RSF Robert Ménard – et l’UNESCO ont organisé un débat sur le dialogue interreligieux. Y ont participé les principaux médias arabes, Cartooning for Peace (fondation pour la liberté de presse créée par Kofi Annan) mais aussi et surtout Flemming Rose, rédacteur du „Jylland-Posten” danois. Ce dernier avait fait scandale dans le monde musulman en publiant en 2005 douze dessins sur le père de l’Islam. Si la rencontre s’est déroulée dans une ambiance pacifique, les médias arabes ont ensuite mis de l’huile sur le feu dans leur compte-rendu. Du coup, Rose a dû filer à l’anglaise et la crise des caricatures a repris de plus belle.

Micro. Twitter, nouvelle poule aux œufs d’or des communicateurs. Aux USA, les principales agences et les partis politiques utilisent la plate-forme de micro-blogging pour informer avant tout le monde les journalistes qui leur sont très proches. En gros, on leur offre des scoops parce qu’ils font partie de la communauté. Une „communauté sélect” qui n’accepte que les journalistes … dans la ligne. Et devinez qui est le maître de ce jeu ? Obama bien sûr qui lâche son programme d’activités et ses petites phrases en exclusivité sur Twitter et à ses amis. A propos: à quand le Twitter Couchepin ou Calmy-Rey ?

Nespresso. La crise est passée par là. La vedette Nicole Kidman tombe de haut. Celle qui ne s’offrait qu’à Chanel vient de tourner une pub pour … Orangina Schweppes. Un spot d’une minute tourné en Inde par le réalisateur Shekhar Kapur et l’équipe du film „Slumdog Millionaire” va prochainement passer sur nos écrans. Il faut dire que Clooney avait donné l’exemple en jouant pour Nespresso.

Cadô. Charité bien ordonnée… Alors que Tamedia vient de gober Edipresse et d’offrir à ses actionnaires un cadeau en dividendes de 42 millions
de francs, le groupe zurichois envoie 70 journalistes du „Tagi” à la rue… Raus. Et qu’en disent les futurs licenciés ? Ils encaissent le coup. Mais pas question pour autant de faire grève ou de débrayer. Ça fait mauvais genre à Zurich.

Fiasco. La Suisse aurait bien besoin, sur le plan de l’accès à l’info, d’être plus européenne. A Bruxelles, les correspondants suisses se plaignent d’un blackout total d’information de la part des autorités fédérales. Suspicion entretenue... et fiasco à la fin sur le secret bancaire.



Dominique von Burg, président du Conseil suisse de la presse

EDITO: Depuis le début de l’année, des jeunes journalistes ont la possibilité d’assister aux discussions des Chambres du Conseil de la presse. Première impression ?
Dominique von Burg: L’expérience est très positive, l’intérêt est grand. Les craintes que nous pouvions nourrir au départ ne se sont pas vérifiées. C’est au point que nous allons nous interroger lors de notre séance plénière d’automne quant à la possibilité d’un élargissement éventuel à d’autres milieux que les journalistes. Les avocats, par exemple.

Quelles craintes nourrissiez-vous au départ ?
On pouvait redouter que les membres des Chambres se sentent moins libres puisqu’ils sont observés. Mais les règles sont respectées. Ainsi, les visiteurs et visiteuses s’engagent-ils à respecter la confidentialité. Il faut dire aussi les représentants du média concerné par la plainte ou à la partie plaignante ne sont pas invités.

On l’a constaté encore dernièrement dans l’affaire Bonfanti, les médias ne se signalent pas par un zèle excessif quand il s’agit de relayer dans leurs propres colonnes les prises de position du CSP. Ils n’y sont certes pas obligés mais n’est-ce pas décevant, malgré tout ?
La déclaration des devoirs et droits a été modifiée depuis l’entrée, l’année dernière, des éditeurs au Conseil de fondation du CSP. Elle recommande aux médias de publier un compte rendu loyal, à tout le moins un bref résumé des prises de position du CSP qui concernent son propre média. Une pression indirecte existe donc dans la mesure où la possibilité est donnée de saisir le CSP en cas de non publication du jugement dans le média concerné. A mon avis, d’une manière générale, le principal obstacle n’est pas l’éditeur mais le rédacteur en chef.

Propos recueillis par Christian Campiche

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